mardi 22 septembre 2009

bouh

Il avait surement raison de ne pas croire à sa chance de pouvoir la regarder, la toucher.


Elle l'a plaqué.

samedi 19 septembre 2009

Jean Giono - Jolis chatons.




J’ai été tellement surprise de retourner dans ces lieux. Il y avait des tonnes de petits fantômes, partout. Séverine et moi en train de faire de la gym dans les couloirs en douce, Sébastien qui tient une fille par la taille en fumant une cigarette dans la petite rue derrière. Et puis moi sur un banc, en 6ème, les cours d’EPS et la course longue. Tout ça quoi.

La grande question a été : est-ce que ça a changé ? Et qu’est-ce qui a changé ?

J’ai passé mes deux premiers jours à penser que rien n’était pareil, et la seconde d’après, que tout était en fait identique. Bizarre. Je voulais écrire un article un peu sociologique, vous expliquer les différences et les similitudes intra-générationnelles.. mais merde, j’en ai pas envie pour le moment.

Alors voilà ce qui m’a marqué aujourd’hui :

Il y a cette petite bande. Ils sont toujours les uns avec les autres, on a du mal à différencier le mâle de la femelle tant la mèche, le slim, les pulls larges rayés les font se ressembler. Les voix sont toutes fluettes. Pas encore de trace de barbe.

Ils vont se mettre dans un recoin, là-bas, et ils s’allongent les uns sur les autres. C’est très doux, très paisible. Les mains se cherchent, les peaux se touchent, les corps ne font plus qu’un.

On a envie de se blottir aussi contre eux, d’enfouir son nez dans ces pulls moelleux à 100 euros achetés par papa et repassés avec soin par maman. On voudrait sentir l’odeur de propre, de savon de ces petits ados à la peau lisse, aux cheveux propres. S’enfouir dans cette douceur lascive, somnoler en se laissant bercer par le bruit de fond rassurant du préau. On voit qu’ils attendent l’adolescence, elle n’a pas encore eu de prise sur leur beauté enfantine. La violence des conflits intérieurs se prépare, et, liés les uns aux autres, ils l’attendent sans crainte.


Des rires, parfois. J'entrevois quelques traces de personnalité. Une jeune fille déjà très formée fait la maligne, embrasse ses copines sous les applaudissement des autres. Un garçon vient s’installer, tranquillement, entre les jambes d’une de ses amies qui l’accueille en lui ouvrant les bras et en lui caressant les cheveux, pendant que le jeune homme rosit de plaisir , il est fier de son culot récompensé. Hier déjà, il s’est assis à coté d’elle à la cantine.

Et puis ce tout petit couple.. Elle est jolie comme un cœur, encore toute petite. Assis à ses cotés, le bras autour de ses épaules, un jeune homme qui la couve du regard. Ils ne se parlent pas. J’aime sa façon de la toucher, sa main sur son épaule, posée, légère, comme s’il avait peur de l’abîmer. Comme s’il n’en revenait pas encore de la chance qu’il a d’être là, simplement à coté d’elle. Elle rit parfois et lui la regarde.

Elle est son trésor.

Un instant elle se lève et disparaît de sa vue. Je le vois s’assombrir, retenir son souffle. Et si elle disparaissait ? Je me souviens de cette terreur de ne plus exister pour l’autre en étant hors de sa vue. Il la cherche des yeux, il est tellement beau, sur la pointe des pieds, redoutant le pire. Moi, je la vois, la petite, à moitié dans les bras d’un autre (quel séducteur celui là !). Aussitôt, le petit Roméo s’élance, marche d’un pas décidé vers elle et pose ses lèvres sur sa joue. Elle referme ses bras sur lui et ils se serrent l’un contre l’autre, fort de cette absence de quelques minutes. Je sais ce qu’il y a dans leurs têtes, je connais cette force démesurée et je les envie pour ça. Ils ne savent pas encore le reste.

Ils retournent se lover contre leur petite bande. Une portée de chatons bien nourris, voilà ce qu’ils sont.

On dirait un tableau, une photo, je reste devant eux à les regarder et ils ne disent rien. Ils me regardent en retour en silence. J’ai envie de m’asseoir avec eux et de leur raconter combien la vie est dure, comme ça va faire mal quand le premier chagrin d’amour va pointer son nez, quand leur jolie bande va imploser, ravagée par les trahisons, les déceptions et le reste. Je voudrais leur dire qu’il n’ont pas encore connu la force de l’orage, que jour après jour ils vont en chier mais que tout s’apaisera. Je voudrais leur dire de ne pas perdre espoir, qu’ils sachent que tout n’est jamais aussi dur qu’on le ressent. Qu’ils vont se surprendre eux même, mais que parmi eux certains resteront, et que personne ne leur enlèvera jamais ces moments hors du temps.
Je voudrais leur expliquer que bientôt ce ne sera plus possible, d’être simplement blottis les uns contre les autres sans penser à rien d’autre. Le désir va faire son travail, le contact ne sera plus le même, le moindre frôlement pourra leur faire perdre la tête. Il faudra savoir mettre des distances, trouver le bon contact, chercher d’autre moyen de se dire comme on s’aime sans trop se toucher.


Mais ils le sauront bien assez tôt. Ils sont beaux, intelligents, riches à point. Ils s’en sortiront, ils le savent et confiants ils se jettent dans cette spirale que certains appellent adolescence et dont aucun ne ressortira tout à fait le même.

Alors je me tais.

mercredi 9 septembre 2009

"Les belles auront la folie en tête ! "





En parlant de cerises...

N'oubliez pas la sortie de la saison 2, le 8 octobre !

Pour leur rendre visite en attendant, c'est par là :

Violette
Zik
Amos
Satya

jeudi 16 juillet 2009

Paris - 6 -

Ahhh..

Je regarde un film, tranquillement, dans l'appart ou je suis. Seule. Il se met à pleuvoir, fort, mais je ne réagit pas tout de suite. Je commence à avoir l'habitude de cette drôle de ville ou le temps change en permanence. Tout à coup, je n'entend plus mon film. Les murs tremblent, des choses tombent des étagères. Et là, panique.

Je cours d'une pièce à l'autre pour fermer les fenêtres. Je me fait gifler par d'énormes grêlons, au moins de la taille de pièce d'1 euro. Je m'appuie de tout mon poids sur les fenêtres pour pouvoir les fermer, le vent est plus lourd que moi et c'est dur.
Mais le bruit continue et je me rend compte que la tempête à rouvert certaines d'entre elles, que je n'avais pas verrouillée à fond... Les rideaux volent, j'entends les gens crier dans la rue. J'ai les pieds trempés, le sol est couvert de ces glaçons qui iraient parfaitement dans le pastis de Pierrot.

C'est effrayant, j'ai l'impression d'être dans un bateau en naufrage.

Puis, les fenetres fermées, je m'autorise à rouvrir les yeux. En bas, des gens courent dans tous les sens, un rideau blanc s'abat sur la ville et l'eau ruisselle sur le sol.

Je n'ai plus qu'à sécher l'appart et à fumer une bonne grosse clope. Petit à petit, la chute de grèle s'apaise. Un peu plus tard, le bruit des canons à grèle. Je ne savais pas que ça existait dans les villes.

Mais enfin, pourquoi personne ne m'a averti des dangers des tempêtes parisiennes alors que je sais tout des pick pockets ?




Mais après la tempête... Le calme du petit matin.

Paris - 5 -

Deux réflexions amusante de mes collègues :

1/ Voyant un moustique pendant la pause déjeuner, H s'exclame : "Ouahou, c'est la première fois que je vois un moustique en dehors du métro !"
( ? ) Inutile de préciser qu'il semble bien connu que les moustiques parisiens sont adepte des transports en communs..

2/ On parle donc des animaux Parisiens, et mon autre collègue V, nous dit le plus sérieusement du monde : "Vous avez vu, il y a une nouvelle espèce de pigeon qui s'installe dans paris ! Ils sont plus gros et dodue, et ils ont le bec orange. Ils aiment faire peur aux autres pigeons...." Je lui demande si c'est une espèce mutante, il me répond que vu la carrure de la bestiole, il pense plutot à la migration de pigeon "ruraux".

La question est, y'a t'il des poules en liberté dans Paris ?

mercredi 8 juillet 2009

Le bonheur est une sauterelle


C'est fou la vie comme on a du mal à la dresser, comme on se bat chaque minute pour des instants de bonheur. On avance un pas après l'autre, et on rêve toujours un peu plus fort.

Il y a tout ces chemins qui s'offrent à la jeunesse, toutes ces routes à prendre. Et l'impression qu'aucune n'est la bonne. On voudrait faire de belles choses, ou au moins des choses, être quelqu'un et se respecter pour ça.
Mais c'est pas toujours facile, souvent le succès glisse entre les doigts, le bonheur s'avale comme une bouffée de cigarette qu'on recrache aussi vite. Alors on se jette sur d'autres occasions.

De vrais gosses, à genoux dans l'herbe, qui essaieraient d'attraper des sauterelles.. On referme la main, on croit qu'on la tient alors on serre fort, pour pas la laisser partir. Le plus souvent, on avait même pas de sauterelle. Les autres fois, on la voit à peine, elle a sauté quand on a voulu la regarder.

Il y a le groupe et cet amour fou et inconditionnel des uns pour les autres.
Il y a ces silences lourds de sens et les autres.
Il y a ces regards, cette présence, et encore et toujours cet amour qui flotte, malgré les larmes, l'inconpréhension et les désillusions.
Il y a les souvenirs et les envies d'encore, d'un futur qu'on souhaite plus fort, plus intense.

Sans y croire vraiment.

Dur de grandir, dur d'apprendre en se prenant des coups. On essaie de se protéger, mais de quoi? Rien n'est certain, tout ce qu'on sait c'est qu'on s'aime et qu'on voudrait ne jamais se perdre. Et pourtant...

Y'a comme des envies d'ailleurs, d'autres choses, mais on est tellement liés.. On sait qu'après avoir partagé tout ça, on sera jamais tout à fait pareil. On sait que personne d'autre ne peut comprendre, on est comme un gigantesque puzzle humain, attaché les uns aux autres, comme un paquet de mikado sur une table. Quand t'en enlève un y'a tout qui tombe.

Et les terribles souvenirs. Flous, brumeux. Comme un réveil de cauchemar effrayant.

Je sais pas ce qu'il adviendra, je sais qu'il y aura encore du chagrin, mais si arrive à se relever de ça, rien ne pourra nous abimer je crois.

mardi 7 juillet 2009

Paris - 4 - La courtoisie

À Paris, les hommes sont courtois. Ou galants, appelez ça comme vous voudrez. Toujours est-il que cette extrême politesse est très surprenante au premier abord.

Un exemple ? L’ascenseur :

Non contents de laisser les femmes monter les premières dans l’ascenseur, les hommes adoptent un rituel bien particulier. Une fois entrés, ils se plaquent contre les murs, les bras croisés derrière le dos, la tête basse. Et une fois arrivé à destination, ils attendent.

Imperturbables.

Bien collés contre la paroi, ils ne sortiront que lorsque la dernière dame sera sortie. Est-ce pour obéir au célèbre « les femmes et les enfants d’abord », s’assurer de la bonne descente de toute les voyageuses avant leurs propres sorties ?

En tout cas, c’est très embarrassant les premières fois. Imaginez-vous, femme de votre état et pas du tout habituée à ce genre de politesse. Vous vous retrouvez coincée au fond d’un ascenseur bondé d’hommes en tout genre (du jeune stagiaire à peine pubère au grand rédacteur en chef en costard.) Vous êtes au fond, bien sur, puisque vous êtes entrée la première, galanterie oblige. Une fois arrivé à l’étage désiré, après avoir eu quelques secondes d’hésitation et voyant que personne ne fait mine de sortir, vous devez prendre une décision. Grand moment de solitude. La logique voudrait que la personne la plus proche de la sortie l’emprunte la première. Mais non, tous regardent leurs pieds.
Patients.

C’est dit, ils ne sortiront pas avant vous.

Il ne vous reste plus qu’à traverser l’ascenseur en sentant tous ces regards derrière vous, en évitant au mieux tout frôlement et essayant de ne pas trébucher.


Il faut voir le regard dur et réprobateur des ainés pour les petits jeunes, au cas ou l'un d'entre eux entreprendrait de perdre patience et d'esquisser la moindre envie de passer avant une dame.

"Hey la, Moussaillon, pas si vite ! Tu n'arriveras à rien dans la vie avec de telles manières !"
Les nouveaux arrivés sont donc vite mis au jus des règles à respecter. La courtoisie est numéro un.

Je dois préciser que la galanterie des hommes Parisiens s’est surtout faite remarquer au journal.

Parce que dans le métro, c’est moins flagrant.

lundi 6 juillet 2009

Paris - 3

Dans ma rue, celle qui m’emmène au métro tout les matins, il y a un détail étrange.

Accrochez vous.

Il y a… des flics en boite. Oui, en boite. Ils sont la, on ne sait pas ce qu’ils surveillent vraiment. Ce n’est pas le même à l’allez et au retour, heureusement pour eux. Le flic en boite ne fait rien qu’attendre. Je me demande de quelle terrible bêtise ce travail est la sanction, et surtout à quel chef suprême ils obéissent pour accepter d’être enfermes dans une boite en PVC.
Je les plains particulièrement quand je vois passer des camions de police pleins à craquer, sirène hurlante sur le toit, n’ayant foi d’aucun code de la route, faisant la course entre eux comme des poulains au printemps. Je sais qu’alors mes flics en boite soupirent, baissent la tête tristement en rêvant pouvoir un jour être invités à leur première course poursuite.

Maintenant, je sais qu'à la question "qu'est ce que tu veux faire comme métier quand tu sera grande ?" je peux rajouter à la liste des métiers que je ne veux pas faire (boucher, mineur, contrôleur de bus, prof de math) le métier "flic en boite".

vendredi 3 juillet 2009

Paris - 2


"Un an sans mettre les pieds à Paris. Puis j’y passe, entre deux gares. Après quelques stations, je m’avise que je suis monté sans y penser dans le métro, que je me laisse transporter sans davantage y prêter attention ; et je me demande conséquemment au bout de combien de mois ou d’années se perdrait cette familiarité machinale, après combien de temps je redeviendrais sensible à ces bruits, à ces lumières, à ces odeurs, à ces souterrains et à ces rames comme à quelque chose de nouveau et de pittoresque."

Eric Chevillard, dans http://l-autofictif.over-blog.com/article-33111731.html



mercredi 1 juillet 2009

Paris - 1

Quelques découvertes sur Paris, ses habitants et sur la vie de bureau dans un grand groupe de presse.

- Les parisiens sont « maman poule ».

Oui, ça risque d'en surprendre quelques uns, mais le parisien est par nature maternel, j'en suis à présent convaincue. Il ne peut pas s’empêcher de veiller, d’un regard discret, sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un provincial.

Premier exemple :

Je débarque à la gare le jour de mon arrivée. J'ai surement l'air un peu débraillée, un peu à l’ouest et je suis surtout très chargée. Pas difficile donc pour les yeux affutés du Parisien de me classifier comme étrangère. Je grimpe dans le bus qui me ramène à l’appart, je me fait une petite place debout, parce que le bus est plein.

Une petite dame me secoue le bras gentiment et me glisse à l’oreille : « Attention, mademoiselle,votre sacoche est ouverte ! »

Je prend pas la peine de lui expliquer que c’est normal, que de toutes façons elle est tellement pleine que j’ai moi même du mal à sortir mes affaires de mon sac. Je vois bien qu’elle ne me lâchera pas des yeux tant que la sacoche ne sera pas refermée, alors je m’escrime sur la fermeture éclair. Je note son air satisfait, et son hochement de tête rassuré.

Suivant son instinct maternel pour la petite provinciale que je suis, elle a cru de son devoir de me protéger des vilains pick pocket.

Deuxième exemple : je suis dans le métro, en route pour chez Odile, quand il y a une surprenante coupure d’électricité. Je n’ai pas peur quand le métro s’arrête, je l’utilise très souvent dans ma province et je suis pas née de la dernière pluie non plus. Mais quand même, je jette un coup d’œil autour de moi, cherchant des yeux un quelconque pic à glace pour casser une vitre en cas de manque d’oxygène, ce qui ne manquerait pas d’arriver si la situation s’éternise, vu le nombre de personne par mètre carré.

Un gentil monsieur, sentant mon trouble mais ne le comprenant pas tout à fait, me rassure : « Nous n’avons pas encore passé Bastille.. » Cette fois encore, je n’ai pas le courage de lui expliquer que je sais très bien ou nous sommes, et je hoche la tête gentiment, avec même un sourire de remerciement.

J’ai encore des tonnes d’exemple : le garçon qui a voulu m’expliquer comment se lisait un plan quand je jetais un coup d’œil pour mémoriser mes correspondances, le gentil collègue qui a tenu à me laisser devant la porte de chez moi alors que je lui assurais connaître le chemin, la dame qui m’a accompagné sur la moitié de la route pour me ramener au métro quand je lui demandais juste la direction à prendre, ou encore le couple de covoitureurs qui a insisté pour me laisser devant chez moi alors qu’ils partaient dans l’autre sens.

J’ai conscience d’énoncer là quelque chose de révolutionnaire, on considère souvent les parisiens comme froids et pressés. Le parisien est en fait tellement serviable qu’il en devient presque irritant, par la façon qu’il a de vouloir nous protéger. Comme une vraie mère, quoi. On peut pas vraiment lui expliquer qu’il va nous vexer, s’il continue à considérer qu’on peut pas se

débrouiller seul. Mais le parisien est tellement sympatique dans son role de maman poule qu’on ne peut pas lui en vouloir vraiment.

mardi 16 juin 2009

" Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir
et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer
et d'oublier ce qu'il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil
et des rires d'enfants.
Je vous souhaite de résister à l'enlisement , à l'indifférence
aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d'être vous. "

Jacques Brel

jeudi 28 mai 2009

Fun


Dans le bus.
C'est toujours dans le bus qu'il se passe des choses un peu folles, hors du commun.

Donc, dans le bus ligne 10, hier, je rentre à St Genis. Je suis complétement absorbée par la lecture d'un bouquin, un semi-polar dans l'Ouest Américain avec des chevaux, des ranchs et de l'amour. Tout pour me plaire, mais rien de cul-cul, rassurez-vous.
Je lève les yeux, et vois une grand-mère me regarder en souriant, l'air attendrie. Puis une autre.

Je sais que j'ai l'air gentil et peu farouche, les gens me font souvent des sourires dans le bus, mais deux mémés sur un trajet ça me semble beaucoup. Tant pis, je retourne dans mon Far Ouest, au plein milieu d'un grand galop sur les plaines desertiques.

Mais... Tout de même.
Quelque chose me gène, là, juste derrière moi.. Je bouge un peu, et j'entend un éclat de rire au creux de mon oreille. Après un bref sursaut je me retourne, presque fachée d'avoir été arrachée à ma lecture, et je vois...

Une jeune fille de mon âge, adossée à mon siège comme si on était amies depuis toujours, penchée sur mon bouquin encore ouvert.

- Il s'appelle comment ?

Un peu abasourdie, je referme le livre et lui montre la couverture. Elle rit à nouveau, me remercie, puis se retourne. Je dois avouer que je suis prise à mon propre piège, parce que c'est tout moi, de lire sur les épaules des gens. J'aime essayer de retrouver un livre que j'ai déja lu, sourire quand je vois rosir les gens pendant un passage érotique, et rire dans ma tête en même temps qu'eux quand c'est rigolo. Alors je ne peux pas vraiment me facher, mais je n'arrive plus à me concentrer et je jette des regards discrets par dessus mon épaule, où la jeune fille me tourne maintenant le dos.

Elle descend deux arrets avant le mien, fait quelques pas, se retourne et me lance un grand sourire.

Quand j'étais petite, je choisissais mes copines de façon très simple, en leur demandant : "tu veux être ma copine?" Je me suis pris de sacré rateaux, mais parfois ça a marché. En entrant en 1ère L, quand j'ai vu Manon, je me suis dit qu'il fallait qu'elle soit mon amie. Elle a toujours eu cette espèce d'halo lumineux que revetent mes amis de longue date, et quand je l'ai vu pour la première fois je l'ai choisi instantanement

Et bien cette jeune fille, je la retrouverai. C'est décidé. Et quand je la verrai, je voudrais simplement lui demander :

"Tu veux être mon amie ?"

samedi 2 mai 2009

Qui seras-tu dans 5 ans ?



Dans 5 ans, j'aurai 27 ans. Autant dire que du stade de moyenne, je serai censée être passée à celui de grande. Adulte, le mot est trop fort et fait bien trop peur.

Car entre adulte et grand imbécile, la marge est beaucoup trop faible.



Dans 5 ans je serai donc grande. Je vivrai à Paris, ou je mènerai une vie surchargée d'activités, de sorties, un job qui rapporte et des habits classe. Je garderai mes vieilles chaussures en souvenir d'un temps passé, et je mettrai des talons aiguilles. J'aurai 4 amants dont un régulier, des tas d'amis que j'inviterai au resto sans jeter un coup d'œil sur la note. J'irai au théâtre une fois par semaine, j'aurai des tonnes de bouquins et je partirai en voyage au moins deux fois par an.



Dans 5 ans je serai aussi dans une big maison type ferme à la campagne, peut-être Alba. J'aurai un chien, 3 chevaux et 6 chats, un amoureux fidèle avec qui je partirai en balade à la tombée du jour. J'aurai plaqué mes études en vrac et je bosserai au village, à mi-temps. L'hiver, je boirai des infusions avec mes copains devant la cheminée, et puis l'été je me baignerai à la rivière toute nue. Parfois on organiserait des petits projets avec les voisins qui seraient mes amis, on vivrait peut être tous ensemble (rajoutez alors 2 lapins et 5 aquariums). Dans cette vie là, je commencerai peut être à penser à procréer, et je me renseignerai sur la crèche parentale du village. Non je rigole, pas dans 5 ans quand même.



Dans 5 ans, je serai en Inde, au Namib, en Argentine ou ailleurs. J'aurai choisi de découvrir toutes les villes de mon cœur avant de devenir vieille,



Dans 5 ans, je serai peut-être morte.



Dans 5 ans, je vendrai de la lingerie fine pendant des réunions tupperware (?) Improbable.



Dans 5 ans, je serai peut être juste moi, surement encore en train de chercher mon chemin. Je bâtirai à mains nues cette route étrange qui nous emmène toujours un peu plus loin. Drôle de vie mes amis.

Pour Anne sophie.

Anne sophie, tu m'as demandé d'écrire dans mon blog, mais qu'est-ce que je peux raconter ?

En ce moment, je n'observe plus la jungle adolescente, je nous observe nous, dans notre triste décadence, dans ce chaos nouveau et cette tristesse qui désormais remplace notre euphorie. Ces jours de printemps n'ont pas encore révélé leur saveur, et j'attends, toujours un peu plus, un orgasme de bonheur.

Alors raconter, oui, mais quoi ?

Aujourd'hui, j'ai vu...

J'ai vu cette salle pleine d'adultes qui se battent pour changer un petit bout de monde. Toute cette énergie pour gagner un peu de terrain, dénoncer un peu plus la précarité, créer du lien entre eux, assemblée des plus cultivées, et tout ces jeunes, tout ces pauvres, ceux dont on croit qu'il ne savent pas parler.

Voila anne sophie, ce que j'ai vu aujourd'hui. Juste des adultes décidés et pleins de rêves. Oui, ça existe.

J'ai vu aussi cette toute jeune fille dans le bus, avec ce visage tellement fin. Quand les contrôleurs sont entrés, elle n'a rien dit. Quand l'un d'entre eux s'est approché, elle s'est contenté de dire "j'ai rien", le plus dignement du monde, mais sa voix a tremblé un peu. Elle s'est levé, toute droite, et est descendue du bus.

Le contrôleur avait l'air un peu penaud, et il avait raison.

Le bus est reparti. Je suis restée dedans et elle était dehors.

10 avril 2008

Petit retour sur le blog, que j’avoue délaisser un peu ces derniers temps… Mais comme c’est les vacances, je vous dois quand même un petit article.

Je vous offre aujourd’hui une rédaction que j’ai trouvé à la fin d’une perm, abandonnée près de la poubelle, brouillon roulé en boule qui a attiré mon attention. Celle-ci étant anonyme, je remercie quand même son auteur pour le sourire qu’elle m’a arraché. J’espère que ça vous plaira aussi. L’auteur doit être un jeune homme (pas de rond sur les i, écriture un peu sèche) sûrement en 4eme ou 3eme. Après une longue hésitation, je pense que je vais vous la transmettre telle qu’elle est, malgré les nombreuses fautes, parce que c’est aussi ça qui lui donne son charme. Je remet juste un semblant de ponctuation pour que vous compreniez un peu.



9 avril

écris un dialogue qui opposent un adulte et un ou une adolescence. Il se dispute a propos d’un problème grave, puis parvienne par le dialogue à se mettre d’accord pour trouver des solution.

Il y a une nouvelle professeur qui venait devenir et tout de suite elle a jouer a faire la street au lieu de sourir, de nous interroger calmement elle s’est tout de suite mis street et nous les eleves on ses mis a nos garde car on savait quelle etait pas la pour rigoler. Quand elle est arriver elle a jamais souris, meme pas une fois, elle a meme esclu des eleves qui ont jamais etait eslu donc sa veut dire quelle cherche un peu. C’est un très bon metier ok. Mes faut pas etre comme ça, peut etre elle est comme ça pour devrai, ses sa façon de faire donc j’ai essayer de me calmer et de ne pas faire les guignols comme certaine eleve. Moi tout au debut j’etait très content de voir une nouvel prof mes sa ma un peu bouleverser parce que je savais le programme qu’on a fait aller tout changer. Mes ya des moment ou je suis dacord avec les professeur pour beaucoup de chose y’a des moment j’essaye de me metre a leurs place et il on pas trouve mes raisons. Mes faut savoir quon est encore des enfant et on veu s’amuser. Mes parfois je me dit que les prof a leur genesse aimais aussi s’amuser, y’a pas que nous. Mes je sais que parfois les élèves essaye de faire chercher les professeurs mes maintenant si les profs sont bien avec les eleve ba nous les eleves aussi on sera bien avec les prof, CPE, Directrice principale, adjoint, etc…..


Avant de vous désoler sur les fautes et le non respect évident de la consigne, admirez quand même cette petite perle…. Oui, il y a des progrès évidents à faire en orthographe, mais le dialogue, s’il n’est pas sous une forme ordinaire, se fait bien dans la tête du gamin.
Je ne sais pas qui c’est, mais je vous le dis, ce petit est prêt pour les dissert de philo.

Jeudi 06 Mars

Je ne connaissais pas Farid jusqu'à aujourd'hui, même s'il est arrivé il y a déjà quelques mois. Pourquoi? Parce qu'il ne vient jamais. Enfin, pas souvent. Quand ça lui chante, en fait.

Cette semaine, Farid a appelé tout les jours le collège en se faisant passer pour un membre de sa famille. De la grand-mère à la sœur en passant par la mère, tout le monde y est passé. Mais c'est sur l'oncle qu'il s'est fait grillé : ma collègue a reconnu la voix encore un peu fluette de Farid, et quand il a "avoué" dans le bureau du CPE, c'est avec un grand sourire. Plus tard, il me dira en rigolant "Je les ai bien eu, hein! C'est une bonne blague quand même!!"

Farid est le futur Jamel Debouze, en cent fois meilleur. Il a passé la journée en salle d'exclusion avec les exclus-inclus. Personne n'a réussi à les faire travailler à partir du moment ou il a passé la porte, parce que quoi que Farid fasse, il est drôle. Tout le monde se marre, y compris le surveillant. Il imite les voix, porte tout à la dérision, rit de tout et même du reste. On a dû finalement le séparer des autres pour qu'ils puissent bosser un peu sans se fendre la poire à tout moment.

Mardi, en exclu inclu, j'étais avec la petite Sonia. Petit bout de fille menue, elle est tellement vive que la plupart des profs n'arrivent pas à la suivre, et se font embobiner par cette petite fille tellement futée. Je lui file une nouvelle à lire, et une fois plongée dedans, elle se tait. Enfin. C'est une histoire d'amitié entre une SDF et un collégien, je suis tranquille pour un moment et peut me concentrer sur Slimane qui fait grincer sa bouche depuis une demi-heure.

Sonia lève la main et s'exclame en même temps :

- Mais Madame !!!! Mais... Comment elle peut être SDF alors, qu'en fait, elle a son Bac ?

Mercredi 06 Février

Aujourd'hui, c'était la première matinée de ma copine Lili, alors c'était cool, même si j'ai encore une crève de ouf.

Ma copine Lili, elle est comme tous ceux qui commencent quelque chose d'inconnu : elle s'étonne.

Alors c'est chouette, moi je peux faire l'ancienne, lui montrer comment ça fonctionne un collège, quand on n'est pas élève. Je la balade partout avec moi, je lui dis ce qu'il faut faire à telle heure et tout et tout.

Et les gamins demandent sans cesse : "Mais c'est qui elle???" Et on entend murmurer son prénom dans tout les couloirs. Les petits me demandent : " C'est ta sœur?? Ta cousine??"

Parce que oui, pour les minots du collège, nous sommes tous une grande famille, ce n'est pas possible autrement. Ils nous créent des liens de parentés à tout va. Ainsi, ma collègue Gaëlle est la fille du prof de bio et la sœur d'une prof de Francais. Elle sort avec Antoine, qui par ailleurs est mon frère et le cousin de notre collègue David, également mon mari.

Bref, c'est un peu compliqué mais ça résume bien l'esprit. Une bien grande et belle famille et on a tous pour objectif principal de veiller à ce qu'ils ne fassent pas de bêtises.

En perm, carnage chez les 5emes. Ils sont agités, bruyants, et je suis obligé de crier fort, ce qui n'est pas très habituel chez moi. Les 6èmes de l'heure d'après sont bruyants aussi, ils révisent une pièce de théâtre pour le cours de Français après. Du coup, on fait passer les volontaires au tableau, devant les autres qui huent. Et là, ces canailles de garçons qui sont d'habitude agités et fiers redeviennent de tout petits garçons timides, qui mangent leurs mots et regardent leurs pieds.

Sacha bute sur un mot : "foufirffrifé"

- " Non" dit Lili qui a le texte dans les mains. " Espèce de fieffé fou" !!!

Tout le monde se marre, nous y compris. Belle insulte, quand même!

Mercredi 30 janvier

Matinée calme, à part une perm gigantesque à 11h, mais mes chers collègues m'ont prêté main forte heureusement.

Jean-Kevin (non, non, je ne rigole pas.. ou presque pas) est un beau black de 4ème. Il est d'une extrême nonchalance, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi lent, dans ses gestes, sa façon de parler, etc. Il se vautre toujours contre un mur dans les perms, se couche sur sa table et, lorsqu'on lui demande de s'asseoir correctement, répond de sa voix très grave : « non ».

Petite altercation entre nous pendant la perm : je demande à Jean-Kevin de venir s'installer au premier rang, à côté d'une jolie petite 6e. Ça ne lui plait pas du tout, et je dois m'y prendre à plusieurs fois pour parvenir à le faire se lever et se diriger au ralenti à la place désignée.

Il refuse d'enlever son manteau. Je lui demande gentiment, une fois, deux fois, trois fois. "Non", il me répond. La quatrième je hausse à peine le ton : « Pas la peine de crier » me dit-il, tellement lentement que j'ai du mal à comprendre.

Je commence à être énervée : « Alors, enlève-le, ton manteau ! » et j'ai le droit une fois de plus à ce « non » calme, intransigeant et mou. Je crois que je préfère encore ceux qui s'énervent, vocifèrent qu'il fait froid, et que moi je le garde, mon manteau, après tout, c'est dégueulasse de les faire tomber malade, quoi. C'est des choses que j'aurais pu dire moi-même, alors je comprends mieux la chose. Mais ce dadais qui répond du bout des lèvres, regardant ses pieds pour esquiver le regard, ça me dépasse vraiment. Surtout que s'il gardait son manteau, mais sortait du travail et ne se faisait pas remarquer, ça passerait encore, mais malheureusement, il ne semble pas vouloir travailler non plus.

Finalement, je l'emmène voir le CPE avec moi.

— Qu'est ce qu'il a encore fait, ce jeune homme ?

— Rien, justement. Il ne veut dire que « non ».

Le CPE se marre. On est tous confrontés un jour ou l'autre à Jean-Kevin et à sa nonchalance extrême, et il semble que ce soit mon baptême....



Sinon, un truc cool. Les CPE doivent recruter quelqu'un très rapidement, malheureusement la pile de CV a disparue... Le CPE me demande si je ne connais pas quelqu'un, et c'est comme ça que ma pote Alix vient demain passer un entretien d'embauche. Je vous raconterai.



Demain, grosse journée, avec ratatouille poisson au menu de la cantine. Beurk...

Vendredi 18 janvier - Malika

Aujourd’hui, drôle de journée.

Je n’ai pas travaillé depuis la semaine dernière à cause de mes partiels, et nous sommes 4 (pions et CPE confondus) sur 7. Alors on court d’une tache à l’autre, on surveille des gamins du coin de l’œil en triant des papiers, on fonce au premier étage à la sonnerie car comme tout est en travaux, il y a une étagère qui traîne dans les couloirs, et que ces garnements ne trouvent rien d’autre à faire que de la déplacer pour bloquer la porte de la salle de la prof de Défense contre les Forces du Mal.
Quand la journée se finit enfin, on est tous un peu HS, et moi j’ai rendez-vous avec la femme du collègue décédé de Seb, citée dans le précédent article. C’est un peu compliqué parce que je ne sais pas comment aller chez elle, que Seb est très en retard, alors on annule. Mais comme ça semble faire vraiment plaisir à Malika de nous voir, on désannule et c’est comme ça que j’ai eu la chance d’assister aux coulisses du collège.

Malika vient me chercher à l’arrêt de bus avec ses trois petits, et on se dirige tous ensemble vers chez elle. Ici et là, je vois des groupes de petits qui me regardent de travers. Normal, je suis leur pionne, et à en voir leur tête ils se demandent vraiment, VRAIMENT ce que je fais là. On monte à l’étage, ou nous attend Ali, le fameux neveu qui a reconnu Seb, et d’autre jeunes que je ne connais pas. Malika est un peu stressée, on ne s’est pas vu depuis le décès de son mari, on ne sait pas quoi se dire alors elle s’agite, fait des allez-retours dans la cuisine puis finit par s’asseoir. Elle s’allume une clope, et je lui demande : « Bon, et tu gardes le moral, quand même ? » Elle me dit que pas vraiment, que c’est très dur, qu’heureusement il y a les petits, et qu’elle s’accroche pour eux. Elle me raconte l’accident, l’hôpital, le deuil. Puis parle du passé. Me montre 1001 photos de mariage, de fiançailles, de voyage de noce et autres. Pendant qu'on parle, Les petits nous tournent autour. Nassim demande "Maman maman maman!! Dessines moi un K!" Pui : "Après le K dans Malika y'a quoi?" Alors Malika dessine des K, fait des lignes de S. Nassim veut nous montrer qu'il sait compter jusqu'à 69, et nous l'écoutons, et Malika sourit. Je comprend mieux pourquoi les petits l'aident tant que ça. Parce que même si elle le voulait, ils ne la laisseraient pas "partir". Parce que Dora a eu les félicitations de la maitresse, que Nassim compte jusqu'à 69 et que le petit dernier, Farris, est un petit prince qui ressemble de plus en plus à son papa. Parce que ses petits, c'est tout ce qui compte maintenant.


Ali tourne un peu en rond dans l’appartement. Il regarde par la fenêtre toutes les deux secondes, retourne dans la cuisine ou il fait des pizzas. Il finit par nous dire qu’il va rentrer chez lui. Puis Seb arrive, tel un chevalier sur sa moto verte. Ali s’écrit : « Il arrive, il arrive !!! » Je jette un œil dehors. À peine s’est-il éloigné de la moto que des nuées de gosses se ruent vers la moto. Malika dit à sa nièce « Toi tu surveilles la moto, hein ! » Amel gueule sur les gamins « Dégagez les mioches, vous la touchez pas celle-là ! » Les gamins s’éloignent en traînant des pieds. Voilà comment faire passer la nuit à une moto sans son cadenas dans le quartier le plus sensible de votre ville.

On mange de la pizza, des spaghettis bolognaise et un délicieux couscous que nous a monté la mère de Malika qui habite l’étage en dessous. Ali me demande si j’ai déjà fumé la chicha, je lui dis que oui mais que je crame le tapis à chaque fois. Il se marre et me demande si ça pique, comment ça marche, etc. C’est un chouette jeune. Il fait à manger pour nous, surveille la moto en même temps et pose pleins de questions sur tout.

Puis, il demande à Malika si Seb pourrait emmener Ali en moto dans le quartier à coté, il veut voir un copain pour ses cours qu’il a loupé. Seb l’emmène, et Ali brille de reconnaissance. En revenant, il veut savoir comment ça marche, s’il y a des vitesses, comment on les passe, etc… Seb le lui explique, et lui dit que la prochaine fois, il le fera conduire. Ali sourit jusqu’au oreilles.

On parle un peu du collège, des copains et copines, de qui traîne avec qui et qui sort avec qui. En partant, il me fait un clin d’œil : « T’as vu, ici c’est l’autre Ali, pas celui du collège hein ? » Je ris. Malika me dit que les parents sont divorcés et ne s’occupent plus du tout d’eux, qu’il viennent du coup tout les week-end et même parfois en semaine.
Puis on se dit qu’on se revoit la semaine prochaine, et qu’elle vient le week-end d’après, parce qu’il y a six mois de ça, on leur avait promis de leur faire une blanquette.

Alors, oui, la banlieue, c’est le bruit et l’odeur. Des cris d’enfants, des rires, un garçon qui siffle, dehors. Des odeurs de couscous, de pizza, et tout ces gens qui sourient même quand ça ne va pas.

9-10-11 Janvier

Une petite note pour me remettre en route après cette longue absence... Les vacances, c'est vraiment bien aussi.

Cette semaine, c'était vraiment dur. Les gamins surexcités, nous, un peu débordés, et les partiels qui arrivent à grand pas.

Bref, en vrac :

- Une grande de 3ème à "attaqué" ou poursuivi, (selon les versions) la prof de défense contre les forces du mal.

- Kadhera a été exclue du collège deux jours, pour insolence poussée. J'étais pas mal de portail, et elle est venue à plein d'intercours voir les copains à travers la grille, tourner en rond autour du collège sans avoir le droit d'y rentrer. Elle me dit :

- J'ai dit "vas-y, qu'est-ce tu vas me faire, qu'est-ce tu vas me faire! à la prof et pleins d'autres trucs, mais j'avais pas vu qu'y'avait la principale juste derrière!

- Ah, oui. C'est sur que c'est bête.

- Nan nan, mais si j'avais vu qu'elle était là j'aurais pas dit moi!

- J'me doute Kadhera... Mais elle était là quand même.

- Ouais. Et maintenant j'rouille.

- Le clou du spectacle : Ali m'a vu dans un grand centre commercial avec mon copain. Ça fait plusieurs jours qu'il m'en parle, et aujourd'hui, il me dit qu'il m'a vu avec mon copain qui a fait de la rate (de la prison). Je sais que Seb a une barbe plus que naissante, mais de là à avoir une tête de taulard, dur dur. Plus tard, il me demande si mon copain n'aurait pas travaillé avec un certain Amos. Le nom n'étant pas courant, pas de doute possible. Amos étant un ancien collègue et ami de Seb, me voila maintenant suivie de partout par le petit Ali, qui n'est autre que le neveu d'Amos. Bref. Le monde est petit.

Je promet d'écrire plus la semaine prochaine, mais j'ai vraiment autre chose à faire aujourd'hui. A mercredi!